Éditiondu lundi 11 novembre 2019. À Redon, en Ille-et-Vilaine, un jeune homme a dĂ©couvert des lettres d'amour d'un poilu. Il a pu les rendre Ă  son petit-fils. Le trĂ©sor Ă©tait cachĂ© sous AinsiĂ  BĂ©ziers arrĂȘte-t-on des « cartomanciennes qui, au toucher d'un vĂȘtement, d'un objet quelconque ou d'une lettre appartenant Ă  un malade, ou Ă  un soldat prisonnier ou disparu, fournissaient aux clients et clientes les renseignements demandĂ©s »45. Et puis, Le Petit MĂ©ridional signale une dizaine de cas de suicides ou de tentatives de suicides Lettresde guerre d'un soldat de 14-18. De la mobilisation Ă  l'armistice, ce poilu livre son vĂ©cu. PubliĂ©es exactement 100 ans plus tard jour pour jour Ma Jeannot chĂ©rie. Correspondance d’un soldat de la guerre 14-18. Accueil; Le projet. Une rencontre, un projet; DĂ©marche; Toutes les lettres. Correspondance Simon; Courrier Jeanne; Documents; LaderniĂšre modification de cette page a Ă©tĂ© faite le 25 aoĂ»t 2022 Ă  08:06. Droit d'auteur: les textes sont disponibles sous licence Creative Commons attribution, partage dans les mĂȘmes conditions; d’autres conditions peuvent s’appliquer.Voyez les conditions d’utilisation pour plus de dĂ©tails, ainsi que les crĂ©dits graphiques. Durantcette guerre, les femmes ont su s’affirmer dans un contexte difficile. Elles ont jouĂ© un rĂŽle social, Ă©conomique et politique, parfois aux risques de leur vie. ConfrontĂ©es Ă  leur solitude, ces femmes ont fait preuve d’autonomie afin de Vay Tiền Nhanh Chỉ Cáș§n Cmnd. Le 31 aoĂ»t 1916, Albert LEMORE de Saint-Rimay Loir-et-Cher fait Ă  son Ă©pouse “Fanie” un rĂ©cit dĂ©taillĂ© d’un combat de la bataille de Verdun auquel il vient de participer “Ma ChĂšre Fanie, je vais te raconter nos misĂšres et je profite d’un moment oĂč nous sommes un peu tranquilles. Nous sommes donc partis d’Haudainville le 25 au soir et arrivĂ©s avec beaucoup de peines vers deux heures du matin le 26 Ă  notre emplacement. En arrivant nous n’avions pour tout que des trous d’obus pour nous cacher. J’ai oubliĂ© de te dire que nous sommes un peu Ă  droite de Fleury et dans un bois oĂč il ne reste que les ruines en l’air en face le Fort de Vaux. Je crois que l’endroit s’appelle Vaux Chapitre. Je te disais donc que nous n’avions que des trous d’obus pour nous abriter, nous nous sommes donc mis Ă  travailler pour nous creuser quelques abris. Nous Ă©tions tout le rĂ©giment, c’est-Ă -dire trois bataillons, le mien c’est le 5Ăšme, le bombardement a commencĂ© vers neuf heures et lĂ  il a fallu nous cacher dans nos trous car comme je t’avais dit nous savions que l’on nous faisait attaquer ce qui Ă©tait loin de nous plaire et quand nos artilleurs ont commencĂ© Ă  tirer les boches n’ont pas Ă©tĂ© paresseux ils avaient de quoi rĂ©pondre Jusqu’à cinq heures du soir notre artillerie n’a cessĂ© de tonner c’était lĂ  l’heure de l’attaque. Deux compagnies par bataillon devaient attaquer et la troisiĂšme de soutien. C’était chez nous la 17 et 18 et nous nous Ă©tions en arriĂšre mais pas de beaucoup 50 Ă  soixante mĂštres. A l’heure de sortir, c’est-Ă -dire dĂšs que les boches ont aperçu les premiers hommes français ils ont redoublĂ© de croissance leurs bombardements, les fusils et mitrailleuses se sont mis en marche et les quelques courageux qui Ă©taient montĂ©s les premiers sont tombĂ©s de suite les autres plus prudents ne sont pas sortis l’attaque a donc Ă©chouĂ© complĂštement. On devait nous faire remettre ça le lendemain Ă  la 19Ăšme mais lĂ  pas un n’aurait sorti de son trou, mais comme les pertes Ă©taient dĂ©jĂ  trĂšs Ă©levĂ©es et en plus que toute la nuit nous avions souffert du bombardement et de la pluie qui tombait Ă  flots il y a heureusement eu contre ordre, mais le 28 ça Ă©tĂ© le tour aux boches aprĂšs nous avoir bombardĂ©s violemment ils ont essayĂ© une premiĂšre attaque vers huit heures et une seconde une heure plus tard eux aussi sont tombĂ©s sur un manche et n’ont pu sortir. Le lendemain soir 29 nous avons encore cru Ă  une attaque ennemie mais elle n’a pas eu lieu. Ce matin Ă  huit heures ils ont recommencĂ© mais lĂ  encore ça s’est terminĂ© en peu de temps et ni nous ni eux ne pouvons avancer sous un pareil feu, c’est atroce et honteux de voir de pareilles choses. Comme pertes nous n’avons pas beaucoup de tuĂ©s mais encore que trop, quant aux blessĂ©s ils sont nombreux et tant mieux pour celui qui a la bonne blessure. Ce qui est le plus Ă  dĂ©plorer c’est que beaucoup sont tuĂ©s ou blessĂ©s par nos canons de 75 ce matin encore Ă  la compagnie il y a un tuĂ© et cinq blessĂ©s par notre artillerie. C’est cela qui nous dĂ©courage le plus de voir des camarades tomber par nous. Je ne te donnerai pas grands dĂ©tails sur les camarades du pays mais je crois qu’ils sont en bonne santĂ©. J’ai eu des nouvelles d’Edmond DOLBEAU le lendemain de l’attaque qu’il n’avait rien. Son caporal GRENET de Saint-Martin doit ĂȘtre blessĂ©. Je n’ai pas de nouvelles de RENIER ni de Louis FURET mais je crois qu’ils n’ont rien et quoi que nous avons peut-ĂȘtre encore plusieurs jours Ă  faire dans ce mauvais coin j’espĂšre m’en tirer sain et sauf 
 Enfin, depuis six jours ma pauvre femme il y a le tiers d’hommes blessĂ©s dans le rĂ©giment. Au revoir et Ă  demain. Je t’embrasse de tout cƓur ainsi que toute la famille. Albert LEMORE Ă©tait nĂ© le 18 juin 1877 Ă  Saint-Rimay, fils de RenĂ© et Marie ROUSSELET. Exerçant la profession de vigneron, il habitait au lieu-dit Villebazin Ă  Saint-Rimay. Ayant Ă©pousĂ© NoĂ©mie HUBERT, nommĂ©e Fanie dans sa lettre, il avait deux enfants RenĂ© nĂ© en 1906 et Albert nĂ© en 1910. Il avait Ă©tĂ© incorporĂ© le 3 aoĂ»t 1914 au 86Ăšme rĂ©giment d’infanterie territoriale. Il fut tuĂ© Ă  l’ennemi le 15 aoĂ»t 1918 Ă  Vic-sur-Aisne. » LA SENTENCE EST TOMBÉE JE VAIS ÊTRE FUSILLÉ POUR L’EXEMPLE, DEMAIN, AVEC SIX DE MES CAMARADES, POUR REFUS D’OBTEMPÉRER. » LA SENTENCE EST TOMBÉE JE VAIS ÊTRE FUSILLÉ POUR L’EXEMPLE, DEMAIN, AVEC SIX DE MES CAMARADES, POUR REFUS D’OBTEMPÉRER. Le 30 mai 1917 LĂ©onie chĂ©rie, J’ai confiĂ© cette derniĂšre lettre Ă  des mains amies en espĂ©rant qu’elle t’arrive un jour afin que tu saches la vĂ©ritĂ© et parce que je veux aujourd’hui tĂ©moigner de l’horreur de cette guerre. Quand nous sommes arrivĂ©s ici, la plaine Ă©tait magnifique. Aujourd’hui, les rives de l’Aisne ressemblent au pays de la mort. La terre est bouleversĂ©e, brĂ»lĂ©e. Le paysage n’est plus que champ de ruines. Nous sommes dans les tranchĂ©es de premiĂšre ligne. En plus des balles, des bombes, des barbelĂ©s, c’est la guerre des mines avec la perspective de sauter Ă  tout moment. Nous sommes sales, nos frusques sont en lambeaux. Nous pataugeons dans la boue, une boue de glaise, Ă©paisse, collante dont il est impossible de se dĂ©barrasser. Les tranchĂ©es s’écroulent sous les obus et mettent Ă  jour des corps, des ossements et des crĂąnes, l’odeur est pestilentielle. Tout manque l’eau, les latrines, la soupe. Nous sommes mal ravitaillĂ©s, la galetouse est bien vide ! Un seul repas de nuit et qui arrive froid Ă  cause de la longueur des boyaux Ă  parcourir. Nous n’avons mĂȘme plus de sĂšches pour nous rĂ©conforter parfois encore un peu de jus et une rasade de casse-pattes pour nous rĂ©chauffer. Nous partons au combat l’épingle Ă  chapeau au fusil. Il est difficile de se mouvoir, coiffĂ©s d’un casque en tĂŽle d’acier lourd et incommode mais qui protĂšge des ricochets et encombrĂ©s de tout l’attirail contre les gaz asphyxiants. Nous avons participĂ© Ă  des offensives Ă  outrance qui ont toutes Ă©chouĂ© sur des montagnes de cadavres. Ces incessants combats nous ont laissĂ© extĂ©nuĂ©s et dĂ©sespĂ©rĂ©s. Les malheureux estropiĂ©s que le monde va regarder d’un air dĂ©daigneux Ă  leur retour, auront-ils seulement droit Ă  la petite croix de guerre pour les dĂ©dommager d’un bras, d’une jambe en moins ? Cette guerre nous apparaĂźt Ă  tous comme une infĂąme et inutile boucherie. Le 16 avril, le gĂ©nĂ©ral Nivelle a lancĂ© une nouvelle attaque au Chemin des Dames. Ce fut un Ă©chec, un dĂ©sastre ! Partout des morts ! Lorsque j’avançais les sentiments n’existaient plus, la peur, l’amour, plus rien n’avait de sens. Il importait juste d’aller de l’avant, de courir, de tirer et partout les soldats tombaient en hurlant de douleur. Les pentes d’accĂšs boisĂ©es, Ă©taient rudes .Perdu dans le brouillard, le fusil Ă  l’épaule j’errais, la sueur dĂ©goulinant dans mon dos. Le champ de bataille me donnait la nausĂ©e. Un vrai charnier s’étendait Ă  mes pieds. J’ai descendu la butte en enjambant les corps dĂ©sarticulĂ©s, une haine terrible s’emparant de moi. Cet assaut a semĂ© le trouble chez tous les poilus et forcĂ© notre dĂ©sillusion. Depuis, on ne supporte plus les sacrifices inutiles, les mensonges de l’état major. Tous les combattants dĂ©sespĂšrent de l’existence, beaucoup ont dĂ©sertĂ© et personne ne veut plus marcher. Des tracts circulent pour nous inciter Ă  dĂ©poser les armes. La semaine derniĂšre, le rĂ©giment entier n’a pas voulu sortir une nouvelle fois de la tranchĂ©e, nous avons refusĂ© de continuer Ă  attaquer mais pas de dĂ©fendre. Alors, nos officiers ont Ă©tĂ© chargĂ©s de nous juger. J’ai Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  passer en conseil de guerre exceptionnel, sans aucun recours possible. La sentence est tombĂ©e je vais ĂȘtre fusillĂ© pour l’exemple, demain, avec six de mes camarades, pour refus d’obtempĂ©rer. En nous exĂ©cutant, nos supĂ©rieurs ont pour objectif d’aider les combattants Ă  retrouver le goĂ»t de l’obĂ©issance, je ne crois pas qu’ils y parviendront. Comprendras-tu LĂ©onie chĂ©rie que je ne suis pas coupable mais victime d’une justice expĂ©ditive ? Je vais finir dans la fosse commune des morts honteux, oubliĂ©s de l’histoire. Je ne mourrai pas au front mais les yeux bandĂ©s, Ă  l’aube, agenouillĂ© devant le peloton d’exĂ©cution. Je regrette tant ma LĂ©onie la douleur et la honte que ma triste fin va t’infliger. C’est si difficile de savoir que je ne te reverrai plus et que ma fille grandira sans moi. Concevoir cette enfant avant mon dĂ©part au combat Ă©tait une si douce et si jolie folie mais aujourd’hui, vous laisser seules toutes les deux me brise le cƓur. Je vous demande pardon mes anges de vous abandonner. Promets-moi mon amour de taire Ă  ma petite Jeanne les circonstances exactes de ma disparition. Dis-lui que son pĂšre est tombĂ© en hĂ©ros sur le champ de bataille, parle-lui de la bravoure et la vaillance des soldats et si un jour, la mĂ©moire des poilus fusillĂ©s pour l’exemple est rĂ©habilitĂ©e, mais je n’y crois guĂšre, alors seulement, et si tu le juges nĂ©cessaire, montre-lui cette lettre. Ne doutez jamais toutes les deux de mon honneur et de mon courage car la France nous a trahi et la France va nous sacrifier. Promets-moi aussi ma douce LĂ©onie, lorsque le temps aura lissĂ© ta douleur, de ne pas renoncer Ă  ĂȘtre heureuse, de continuer Ă  sourire Ă  la vie, ma mort sera ainsi moins cruelle. Je vous souhaite Ă  toutes les deux, mes petites femmes, tout le bonheur que vous mĂ©ritez et que je ne pourrai pas vous donner. Je vous embrasse, le cƓur au bord des larmes. Vos merveilleux visages, gravĂ©s dans ma mĂ©moire, seront mon dernier rĂ©confort avant la fin. EugĂšne, ton mari qui t’aime tant. source Objectifs 1/ Je lis des lettres de Poilus 2/ J’apprends Ă  percevoir l’ironie dans un texte Qu’est-ce qu’un “poilu” ?Le terme “poilu” dĂ©signe tous les soldats français qui ont combattu lors de la PremiĂšre Guerre Mondiale de 14-18. Les conditions de combat atroces des poilus, notamment dans les tranchĂ©es, face aux soldats allemands, ont marquĂ© les esprits. Qu’est-ce que l’ironie ? L’ironie est une figure de style par laquelle on dit le contraire de ce que l’on pense rĂ©ellement, afin de se moquer. Extrait d’une lettre de Pierre Rullier 26 juillet 1915 J’ai vu de beaux spectacles ! D’abord les tranchĂ©es de Boches1 dĂ©foncĂ©es par notre artillerie malgrĂ© le ciment et les centaines de sacs de terre empilĂ©s les uns au-dessus des autres ; ça c’est intĂ©ressant. Mais ce qui l’est moins, ce sont les cadavres Ă  moitiĂ© enterrĂ©s montrant, qui un pied, qui une tĂȘte ; d’autres, enterrĂ©s, sont dĂ©couverts en creusant les boyaux. Que c’est intĂ©ressant la guerre ! On peut ĂȘtre fier de la civilisation ! »1. Surnom donnĂ© aux Allemands durant la PremiĂšre Guerre Mondiale Quelques pistes de lecture 
 En quoi cet extrait d’une lettre de poilu est-il ironique ? Citez des phrases ironiques. Extrait d’une lettre censurĂ©e du soldat Albert Cazes 1917 C’est Ă  rendre imbĂ©cile, c’est laid, c’est odieux, nous nous terrons comme des bĂȘtes traquĂ©es, et les jours succĂšdent aux jours, tristement, dans la crasse, les poux et la puanteur. Je vous assure que quelques mois de ce dur mĂ©tier sont plus que suffisants pour abrutir un homme. » Quelques pistes de lecture 
 Diriez-vous qu’Albert Cazes critique la guerre de maniĂšre violente ? Êtes-vous d’accord avec lui ? Lettre de Pierre Ă  sa femme Edith 22 septembre 1916 Ma chĂšre Édith,La vie ici est trĂšs dure. Dans les tranchĂ©es, l’odeur de la mort rĂšgne. Les rats nous envahissent, les parasites nous rongent la peau ; nous vivons dans la boue, elle nous envahit, nous ralentit et arrache nos grolles. Le froid se rajoute Ă  ces supplices. Ce vent glacial qui nous gĂšle les os, il nous poursuit chaque jour. La nuit, il nous est impossible de dormir. Être prĂȘt, Ă  chaque instant, prĂȘt Ă  attaquer, prĂȘt Ă  tuer. Tuer, ceci est le maĂźtre-mot de notre histoire. Ils nous rĂ©pĂštent qu’il faut tuer pour survivre, je dirais plutĂŽt vivre pour tuer. C’est comme cela que je vis chaque minute de cet enfer. Sans hygiĂšne. Sans repos. Sans joie. Sans n’est rien comparĂ© au trou morbide oĂč ils nous envoient. Sur le champ de bataille, on ne trouve que des cadavres, des pauvres soldats pourrissant sur la terre imprĂ©gnĂ©e de sang. Les obus, les mines, dĂ©truisent tout sur leur passage. Arbres, maisons, et le peu de vĂ©gĂ©tation qu’il reste. Tout est en ruine. L’odeur des charniers, le bruit des canons, les cris des soldats
 L’atmosphĂšre qui rĂšgne sur ce champ de carnage terroriserait un gosse pour toute sa vie. Elle nous terrorise je suis montĂ© au front. Ils m’ont touchĂ© Ă  la jambe. Je t’écris cette lettre alors que je devrais ĂȘtre aux cĂŽtĂ©s des autres, Ă  me battre pour ma patrie. Notre patrie, elle ne nous aide pas vraiment. Ils nous envoient massacrer des hommes, alors qu’eux, ils restent assis dans leurs bureaux ; mais en rĂ©alitĂ©, je suis sĂ»r qu’ils sont morts de ! Ce que j’aimerais recevoir une lettre. Cette lettre, celle qu’on attend tous, pouvoir revenir en permission. Ce que j’aimerais te revoir, ma chĂšre Ă©pouse ! Retrouver un peu de confort, passer du temps avec notre petit garçon
 Est-ce que tout le monde va bien ? Ne pensez pas Ă  toutes ces horreurs. Je ne veux pas que vous subissiez cela par ma faute. Prends bien soin de toi, de notre fils, et de mes parents. Et, mĂȘme si je ne reviens pas, je veillerai toujours sur toi. Je pense Ă  vous tous les jours, et la seule force qui me permet encore de survivre, c’est de savoir que j’ai une famille qui m’attend, Ă  la ĂȘtre Ă  vos cĂŽtĂ©s trĂšs prochainement, Ă  bientĂŽt ma belle Édith, je t’ Quelques pistes de lecture 
 1 – Lisez le premier paragraphe. Quel genre de vie Pierre mĂšne t-il dans les tranchĂ©es ? 2 – Lisez les deuxiĂšme et troisiĂšme paragraphes. A votre avis, quelle est l’opinion de Pierre sur la guerre ? Regardez cette vidĂ©o du Youtubeur Mamytwink et rĂ©pondez aux questions ci-dessous 1 – À quelle occasion les Français et les Allemands ont-il fait une trĂȘve ? Pourquoi ? 2 – La guerre a t-elle continuĂ© aprĂšs cette trĂȘve de NoĂ«l ? A t-elle fait beaucoup de morts ? Travail d’écriture Consignes A votre tour de rĂ©diger une lettre de poilu pour tĂ©moigner de la guerre. Cette lettre pourra ĂȘtre adressĂ©e Ă  un membre de votre famille, Ă  un ami, etc. Pour cela, vous devez vous inspirer des lettres vues ci-dessus. Vous pouvez au choix Écrire cette lettre sur du papier jauni pour faire ancienEcrire cette lettre directement dans le formulaire de rĂ©ponse Lettre Ă©crite par FloraÀ mon amour Je t’écris cette lettre sĂ»rement la derniĂšreIci c’est dur de ne pas perdre le quand je pense Ă  toi je me dis que ça vaut la peine de se battre pour vivre. VoilĂ  pourquoi je me bats je me bats pour toi. Pour ton visage 
Pourrais-je encore voir ton visage, ton sourire, tes yeux ?Pourrais-je encore te toucher ou passer la nuit sous tes draps ?C’est si difficile ! Je vois mes camarades mourir sous mes yeux .Une bombe a explosĂ© et j’ai vu un morceau de main atterrir Ă  mes pieds. C’est horrible ! cette guerre finira t-elle ? Je n’en peux est-ce que je me bats ? Je ne sais plus. Je ne sais pas. Cela fait si longtemps que je me Ă  l’heure, j’ai vu une balle passer Ă  cĂŽtĂ© de mon oreille. J’ai bien cru que je ne pourrai pas t’écrire ces mots doux avant de voir la mort, brusque et sauvage, me prendre un de ces ne t’inquiĂšte pas je survivrais pour t’écrire encore une lettre. Celle-ci j’ai pu te l’écrire car je suis de garde de nuit .Je ne sais pas si je vivrai assez pour pouvoir te revoir, mais mĂȘme si je meurs sache que mon amour indĂ©lĂ©bile pour toi restera Ă  jamais gravĂ© dans mon coeur. Si je survis Ă  cette guerre, je ne serais plus jamais le mĂȘme une partie de moi restera en guerre Ă  que cette lettre te parviendra .Ton amour. Lettre Ă©crite par tyron Bonjour Anne, Je t’écris cette lettre qui sera la derniĂšre, du moins, je pense
 Ici, ça ne va vraiment pas. Actuellement, il ne nous reste que quelques soldats, et 2000 soldats adverses sont contre nous. Il faudrait vraiment un miracle pour que nous sortions vivants du champ de bataille. Je prends le temps d’écrire cette lettre, car j’ai besoin de savoir comment les enfants et toi, vous vous portez. Dis-leur que je pense Ă  eux tous les jours. Ici, nous sommes en crise. Nous n’avons presque plus de nourriture, d’eau.. etc. Les Allemands ont dĂ©cidĂ©, hier, de mettre 5 000 soldats contre nous et nous allons ĂȘtre renforcĂ©s avec 3 000 hommes pour les affronter. MalgrĂ© la situation, j’ai confiance ! Il nous reste des alliĂ©s puissants. Je donnerai tout pour te toucher, pour sentir ton odeur, entendre ta voix ou tout simplement te voir une derniĂšre fois. Ici, j’ai des sensations bizarres. Par exemple, lorsque des bombes atterrissent sous mes yeux, que des balles m’effleurent, je me dis que la chance est avec moi ! Sache que je t’aime et que si tu ne reçois plus de lettre, c’est que je suis parti rejoindre mes ancĂȘtres ! Je me bats pour vous, pour le peuple et pour le monde. Je me bats pour la paix. Paix qu’ils n’ont pas pu trouver par un simple accord. J’essaye de garder le sourire, malgrĂ© les personnes que j’ai dĂ» tuer, un peu plus de 300 hommes. J’espĂšre que tu recevras cette lettre, car j’ai pris du temps Ă  l’écrire. Avec tout mon amour, Au revoir Anne ! Quel bonheur si la Paix pouvait se signer et que nous soyons enfin rĂ©unis pour toujours. Plus de dĂ©part et rester si longtemps loin l’un de l’autre. Le petit mami se porte toujours bien il a l’air de vouloir bien profiter quoique il soit frĂȘle lui aussi. Le temps me dure bien de te voir tranquille ici. Zizou vient de me dire de t’écrire de venir vite car tu es trop mal lĂ  bas. Mais je puis faire payer les frais de la sage femme, je n’y manquerai pas ; on n’a pas fait tant d’histoire pour te faire trotter donc ils peuvent bien payer. Elle a Ă©coutĂ© les femmes qui bavardaient. Alors elle est vite venue dire Ă  ma mĂšre qu’il y avait du sucre chez Panel. Je crois que nous sommes brouillĂ©s avec la pluie. C’est sans doute que nous en avons besoin, la pluie fait comme le reste elle se plait Ă  la malfaisance. Nous sommes bien contents de cette pluie mais tout est grillĂ©. La vigne semble jolie tout de mĂȘme. Ta derniĂšre lettre faisait prĂ©voir que tu avais un bien vilain moment Ă  traverser. Il me tarde de savoir comment que tu auras pu t’en tirer. Il me tarde de te lire pour savoir comment tu auras pu te ranger. Comme tu as du en voir tout de mĂȘme. Je ne cesse de penser Ă  toi. Et je ne sais qu’imaginer. Mes doigts vont mieux. Les crevasses ont passĂ©. Mais ça m’a bien gĂȘnĂ©e. Mon pied va mieux mais mon bas s’est collĂ© car ça coule toujours, ça fait comme des brĂ»lures. PubliĂ© le 14/12/2019 Ă  0930 Les lettres achetĂ©es par Manon ont Ă©tĂ© Ă©crites depuis le front par Joseph Avignon, lors de la PremiĂšre Guerre mondiale. Manon Hoarau INTERVIEW - À l’occasion d’un vide-greniers, Manon Hoarau a achetĂ© un paquet de missives Ă©crites depuis le front par un soldat Ă  son Ă©pouse. AprĂšs une longue enquĂȘte, la jeune femme a remis sa prĂ©cieuse trouvaille Ă  l’un des descendants du 24 ans, Manon Hoarau a la passion des brocantes. C’est dans l’une d’elles, Ă  Toulouse, qu’elle dĂ©couvre des lettres qu’un certain Joseph Avignon, mobilisĂ© lors de la PremiĂšre Guerre mondiale, a Ă©crites Ă  son Ă©pouse depuis le front. TrĂšs vite, la jeune femme se met en tĂȘte de retrouver, aprĂšs plus d’un siĂšcle, la famille de ce poilu. Elle raconte l’enquĂȘte qu’elle a menĂ©e pour retrouver les descendants du soldat et leur restituer sa prĂ©cieuse trouvaille. Une longue recherche dont elle a tirĂ© un lire aussi Les belles lettres d’amour d’un poilu Ă  son Ă©pouse retrouvĂ©es dans un grenierLE FIGARO. - Comment tout a commencĂ©?Manon HOARAU. - Je frĂ©quente trĂšs souvent les vide-greniers. Un jour, sur celui de la place Saint-Aubin, Ă  Toulouse, j’ai vu une trĂšs grande malle avec beaucoup de papiers. Tout de suite, cela m’a tapĂ© dans l’Ɠil. Je me suis mise Ă  fouiller et je me suis aperçue qu’il y avait un ensemble de lettres qui semblaient Ă©crites par la mĂȘme personne. J’ai commencĂ© Ă  les rassembler et c’est Ă  ce moment-lĂ  que le brocanteur m’a interpellĂ©e. Il m’a dit qu’il s’agissait de lettres d’un poilu Ă  sa femme et qu’il en avaitlu quelques-unes par curiositĂ©. C’est un peu lui qui m’a poussĂ©e Ă  les acheter, il m’a trĂšs bien vendu la chose. J’ai passĂ© un bon moment Ă  toutes les rassembler pour ĂȘtre sĂ»re de ne pas en oublier et j’ai achetĂ© le lot. Une fois que j’ai fini de les lire, j’ai eu le sentiment que ces lettres ne m’appartenaient pas et quelles devaient revenir Ă  la famille » AprĂšs ça, j’ai dĂ» tout trier, elles Ă©taient dans le dĂ©sordre, certaines n’étaient pas dans les bonnes enveloppes. C’était un peu le chaos. En les classant, je les ai lues une premiĂšre fois. C’est ainsi que j’ai dĂ©couvert la vie de Joseph Avignon et toutes ses pĂ©ripĂ©ties. Une fois que j’ai fini de les lire, j’ai eu le sentiment que ces lettres ne m’appartenaient pas et qu’elles devaient revenir Ă  la famille. J’ai commencĂ© Ă  faire des recherches sur Valentine, la fille de Joseph, puisqu’il en parlait souvent dans ses lettres. J’ai demandĂ© Ă  la mairie oĂč elle Ă©tait nĂ©e son acte de mariage. Sauf que comme je n’étais pas de la famille et je n’ai pas pu avoir accĂšs Ă  la filiation. AprĂšs ça, je ne savais plus comment enquĂȘter donc j’ai arrĂȘtĂ© mes lettres de Joseph Avignon. Manon HoarauL’histoire a ensuite connu un second souffle. Lorsque j’ai rencontrĂ© Mehdi qui anime le compte YouTube Sylartichot, qui compte plus de abonnĂ©s, NDLR, nous avons parlĂ© de ces lettres. Il a trouvĂ© l’histoire gĂ©niale et m’a proposĂ© de m’offrir un relais, comme il bĂ©nĂ©ficie d’une communautĂ© - et donc d’une visibilitĂ© - que je n’aurais pas pu avoir. C’est comme cela que l’enquĂȘte s’est accĂ©lĂ©rĂ©e, grĂące Ă  qui vous a touchĂ©e dans ces lettres?Le cheminement de Joseph est particuliĂšrement touchant. Au dĂ©but, il est trĂšs optimiste et persuadĂ© de rentrer chaque semaine. Il protĂšge Ă©normĂ©ment sa femme, il lui dit que tout va bien, qu’il fait bon, qu’il ne manque de rien. Puis, cela change il se met Ă  Ă©crire qu’il rentrera le mois prochain, peut-ĂȘtre pendant l’étĂ©. Il perd de plus en plus espoir. Il y a une lettre oĂč tout bascule. Elle fait six ou sept pages. Il y raconte les journĂ©es de marche, les nuits dans les tranchĂ©es, les batailles, sa lassitude
 DĂšs lors, ses rĂ©cits sont extrĂȘmement violents. Il Ă©crit de façon trĂšs narrative et descriptive, ce qui donne l’impression de vivre avec lui tout ce qu’il a endurĂ©. À un jour prĂšs, il aurait pu rentrer chez lui » Comment avez-vous appris le dĂ©cĂšs de Joseph?J’ai dĂ©couvert assez vite qu’il Ă©tait mort Ă  la guerre. J’avais son livret avec un matricule, donc j’ai tout de suite fait des recherches sur le site du gouvernement afin de savoir s’il avait rĂ©chappĂ© Ă  la Grande Guerre. C’est lorsque j’ai lu la derniĂšre lettre que j’ai compris qu’il Ă©tait mort le jour oĂč il devait rentrer en permission. Il a Ă©chappĂ© Ă  la mort Ă  de nombreuses reprises. À un jour prĂšs, il aurait pu rentrer chez lettre de Joseph Avignon. Manon HoarauL’enquĂȘte a Ă©tĂ© longue pour retrouver les descendants...L’enquĂȘte s’est certes Ă©talĂ©e sur deux ans, mais elle a finalement Ă©tĂ© trĂšs rapide. De mon cĂŽtĂ©, j’avais dĂ©couvert que sa fille Valentine n’avait pas de descendance directe. Je m’étais arrĂȘtĂ©e lĂ . Mes recherches ont Ă©tĂ© mises en pause jusqu’à ce que nous dĂ©cidions de lancer un appel sur Twitter avec Sylartichot. Nous avons publiĂ© le message autour du 20 septembre. Moins d’une semaine aprĂšs, nous avions retrouvĂ© Alain, le descendant. En trois jours, nous avions son nom. Je l’ai ensuite appelĂ© plusieurs fois pour lui demander s’il voulait rĂ©cupĂ©rer les lettres. Une semaine aprĂšs, j’étais Ă  avez ensuite Ă©laborĂ© un documentaire sur cette enquĂȘte...Oui. Il Ă©voque Ă  la fois l’histoire du soldat mais aussi ma quĂȘte de ses descendants.» VIDÉO - Le documentaire de Sylartichot et Manon HoarauDans quel Ă©tat d’esprit Ă©tiez-vous lors de l’enquĂȘte?Pendant deux ans, il ne s’est rien passĂ© donc j’ai laissĂ© tomber mĂȘme si j’avais trĂšs envie de rendre les lettres. J’avais baissĂ© les bras, au point que j’ai pensĂ© donner les lettres Ă  un musĂ©e ou Ă  des archives pour qu’elles puissent ĂȘtre conservĂ©es. Mais au moment oĂč nous avons relancĂ© l’enquĂȘte, tout s’est passĂ© trĂšs vite. Il y a eu un tel engouement, le nombre de partages a dĂ©collĂ© tellement vite que je me suis dit que ça allait lire aussiLes lettres de poilus du Figaro 1914-1916Qu’avez-vous ressenti lors de la remise des lettres au descendant de Joseph?Tellement d’émotions! Nous avons beaucoup parlĂ©, nous sommes restĂ©s ensemble pendant plus d’une heure. C’était intĂ©ressant pour lui de comprendre comment j’avais eu ces lettres. Alain, le descendant, Ă©tait le petit-fils de la demi-sƓur du soldat. Il avait trĂšs bien connu sa grand-mĂšre. Il avait mĂȘme vĂ©cu avec elle. Mais aussi Ă©trange que cela puisse paraĂźtre, elle ne lui avait jamais parlĂ© de Joseph...

lettre d un poilu Ă  sa femme